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Il est clair que tout le monde s’accorde à reconnaître que l’Emploi constitue, avec la Sécurité, la préoccupation majeure des français.

Dans ce contexte, discours et débats n’ont de cesse d’affirmer que la résorption du chômage endémique suppose une réforme du Code du Travail et une baisse significative des charges supportées par les entreprises.

Que le Droit du Travail soit devenu trop complexe, surtout pour les PME, c’est évident.

Que les charges soient trop lourdes, notamment au regard de la concurrence internationale, c’est également vrai.

Mais, pourquoi une entreprise décide-t-elle de recruter ? Parce qu’elle a un carnet de commandes à servir ou, à tout le moins, parce que les perspectives de commandes, donc de marchés, lui apparaissent avérées.

En d’autres termes, l’entreprise va recruter et/ou investir parce qu’elle a confiance dans l’avenir à court, moyen ou long terme sur la base d’informations et de paramètres rationnels et prévisionnels mis en cohérence dans un Plan. Le mot est lâché, même s’il apparaît être un « gros mot » pour beaucoup de nos contemporains.

Pourtant, peut-on imaginer qu’Ariane, Airbus ou la filière Nucléaire aient pu exister en l’absence de Plan ?

Même s’il n’est qu’un « réducteur d’incertitude » et sous sa forme la plus libérale, celle d’une programmation revolving, le Plan seul peut éclairer l’avenir.

Mieux, un mode participatif d’élaboration du Plan, associant à différents niveaux les entreprises, les syndicats, les usagers et toutes les forces vives est tout à la fois structurant, dynamisant et facteur de cohésion démocratique. Il reviendra aussi à l’Etat de prendre ses responsabilités par le choix des grandes options stratégiques qui porteront l’avenir et seront déclinées dans un modèle cohérent soumis à l’approbation du Parlement.

A cet égard, qu’au final le Plan soit plus ou moins normatif, son élaboration au niveau étude et modélisation devrait être confiée à une structure relativement légère, laquelle remplacerait le Conseil Économique, Social et reprendrait les études prospectives confiées à l’INSEE. Cette organisation devrait concilier performance, indépendance et maîtrise des coûts.

Bien sûr les Régions auraient un rôle primordial à jouer dans le processus tant pour le choix des options, la première consolidation et le suivi de la réalisation du Plan ou de sa révision.

On le voit bien, il ne s’agit pas de prôner une gestion étatique de l’économie mais, tout au contraire, dans le meilleur de l’esprit libéral, d’éclairer l’avenir pour que les agents et en premier les entreprises puissent exprimer leur ambition de développement en mettant en œuvre des stratégies qui sont aujourd’hui freinées par l’incertitude et l’absence de politique industrielle, économique et sociale.

Si la prévision est un art difficile, mieux vaut une prévision imparfaite qu’une vision aveugle au point d’avoir peur d’avancer.

Mieux vaut rechercher ensemble une cohérence, sans entamer la liberté d’entreprise, plutôt que de refuser de donner un sens à son action.

Alors mieux vaut « Prévoir pour ne pas subir ».

Jean-Charles GAUDRION
Docteur d’Etat ès Sciences Economiques
Vice-Président de l’ANDESE
Associé-Gérant de la Cie Européenne de Finance