Notes de conjoncture
| Les Notes de conjonctures de Jean-Jacques PERQUEL | |
| La tec-taux-nic des monnaies : Où va l’Europe ? |
Le voile s’est levé sur l’économie Européenne. Les dettes, dont peu se souciaient il y a encore trois semaines, sont perçues comme des montagnes qui tirent l’économie vers des gouffres abyssaux. L’Europe du Club Med est pointée du doigt et tout particulièrement la Grèce, en plein troubles sociaux en réaction aux politiques d’austérité mises en place sous la pression eurolandaise. L’Espagne pourrait suivre le même chemin… |
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| Euro fort et industrie martyrisée : Il est plus que temps de lever le voile ! |
| 1 - Une situation plus que préoccupante Une augmentation massive du chômage depuis 2009 Les pertes d’emplois massives dans l’industrie de l’année 2009 (plus de 170.000) ont montré la fragilité d’un tissu industriel qui perdait déjà de 70.000 à 110.000 emplois par an depuis près de 10 ans. Ces pertes d’emploi jusqu’en 2008 étaient peu ou prou compensées par la création d’activités de service. Les fortes pertes d’emploi en 2009 cumulées aux politiques de séniorité mises en place pour faciliter le financement des retraites d’ici 20 ans rendent en 2010 l’insertion des jeunes plus difficile sur le marché du travail. L’évolution des parités monétaires euro / dollar au détriment de l’euro compte tenu de l’affaiblissement du dollar depuis 10 ans ont amoindri voire laminé dans certains secteurs la compétitivité des entreprises françaises et eurolandaises. Ce phénomène de désindustrialisation fort depuis 10 ans est devenu explosif avec la crise des « subprimes » et devient insupportable pour nombre d’acteurs industriels. Les conséquences directes sont une montée forte du chômage en France et dans l’Euroland par la destruction soutenue et généralisée d’activités industrielles. Ce sont les pouvoirs politiques de l’ensemble des pays de la zone Euro qui ont à gérer les conséquences économiques et sociales délicates de ces fluctuations monétaires couplées à la mondialisation. |
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| L’Université entre dans le XXI ème siècle |
Le monde universitaire français est soumis depuis plusieurs années à de fortes pressions qui poussent à sa transformation. Le classement de Shanghai, quelles que soient ses limites, a montré les insuffisances du modèle universitaire français dans le cadre de la mondialisation. Les montages datant des années 1960/70 et pour certains plus récents, associant des unités CNRS autour d’universités évoluant dans un cadre leur laissant peu ou pas d’autonomie, étaient peu adaptés au déploiement de pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) aux ambitions européennes ou mondiales. L’économie française a besoin pour rester une des premières du monde et financer son modèle social, d’universités de premier rang dans les disciplines scientifiques, les sciences de l’ingénieur, l’économie et les sciences de gestion. Le modèle préexistant, issu de la reconstruction de l’Economie pendant les trois glorieuses était difficilement capable d’affronter la dure concurrence de la mondialisation et de rapprocher étroitement les connaissances produites dans les Universités et les centres de recherche, des entreprises pour créer les nouveaux produits et services, sources de croissance. La mise en place de la loi de réforme des Universités à laquelle adhère en 2010 plus de 60 % des universités françaises répond en partie aux nouveaux impératifs exercés par la mondialisation. Les Universités pourront se rapprocher des centres de recherche, ou des grandes Ecoles concernées au sein de pôles de compétences régionalisés ou de pôles régionaux de recherche et d’enseignement supérieur. La pression exercée est telle que ces universités se spécialiseront par thématiques et s’impliqueront plus ou moins sur la recherche ou sur l’enseignement. Ces transformations vont prendre du temps et elles ne sont pas simples ni faciles pour les personnels qui les vivent déjà ou vont les mettre en œuvre. Cependant la création d’une seule et unique Université à Strasbourg ou à Aix Marseille montre la voie, avec pour cette dernière plus de 70000 étudiants et plusieurs centaines de laboratoires, et une visibilité mondiale à travers cette appellation. L’impact de cette réforme spécifique aux universités est puissant car il affecte par ricochet les grandes Ecoles d’ingénieur et de commerce, soumises elles aussi à des impératifs de visibilité non seulement en France mais au niveau européen voire mondial. La différentiation se fera pour ces établissements non seulement par la qualité des enseignements mais par la qualité de la recherche appliquée, et fondamentale pour certains. L’affiliation à des pôles de compétences régionalisés devient indispensable pour que ces établissements ne disparaissent pas des premières places des classements français et européens. Des repositionnements vont s’effectuer rapidement entre ces établissements en fonction de la qualité des enseignements, des recherches et des publications, des budgets dont ils disposent. Si on ne peut pas parler à proprement dit de Tsunami pour caractériser ce phénomène, il est certain que la reconfiguration profonde du mode de gestion des Universités commence à produire ses effets sur les Grandes Ecoles qui sont elles aussi soumises au diktat des classements internationaux et des accréditations internationales. L’intégration à un PRES est une des voies pour exister au niveau international. Les accréditations de type AACSB et EQUIS en sont une autre pour les Grandes Ecoles de commerce mais il faut qu’elles disposent d’une stratégie claire et des moyens de s’offrir une recherche de bon niveau pour se différencier par ce biais. Des alliances avec des Universités ou des unités CNRS constituent des alternatives porteuses pour l’ensemble des parties prenantes. A l’issue d’une crise financière très violente en 2008 et 2009, suivie d’une crise économique encore bien présente avec un taux de croissance prévisionnel du PIB de 1,2 % seulement pour 2010, les Universités françaises sont en pleine transformation avec des budgets préservés. Plus de 60 % des ressources du grand emprunt sont destinées à les renforcer ainsi que leur recherche, c’est une chance historique pour que l’économie française puisse entrer de plain-pied dans l’économie de la connaissance. La stratégie de Lisbonne se met donc en place en France, dix ans après la déclaration de Lisbonne sur l’économie du savoir. Daniel Bretonès 18 janvier 2010 |
| L’université et la recherche : le grand emprunt pour façonner un futur plus porteur |
La commission présidée par deux anciens premiers ministres a finalement statué sur un emprunt dont le montant s’élèvera à 35 milliards. Cet emprunt décliné en 7 axes fait la part belle à l’Université et à la recherche, à l’innovation. Sur les 35 milliards visés, 16 milliards concernent les universités et la recherche.
Le débat a fait rage pendant des semaines entre les partisans d’un emprunt pouvant monter jusqu’à 100 milliards et les adeptes d’un montage financier plus respectueux de l’orthodoxie budgétaire dont les règles sont déjà bousculées par une charge de remboursement de la dette de plus de 60 milliards par an. Les opposants à l’emprunt n’ont pas eu gain de cause. Ce dernier est ciblé pour rémédier aux carences les plus criantes du système éducatif et de recherche français en matière de recherche et pour stimuler la compétitivité des entreprises sur des thématiques ciblées (société numérique, mobilité du futur, villes de demain, développement des énergies décarbonées). |
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Vendredi, Juillet 30, 2010
| Les Notes de conjonctures de Jean-Jacques PERQUEL | |