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Notes de lecture par Jean-Jacques Pluchart - Professeur à l'Université PARIS I

Annales d’Economie Politique 2007-2008

Annales d’Economie Politique 2007-2008
Collectif,
Economica, vol. 55, 2009.

La Société d’Economie Politique (une des plus anciennes sociétés savantes françaises fondée en 1842) publie les actes de ses diners-débats de l’année 2007-2008, qui ont accueilli des personnalités de premier plan des milieux politiques et économiques : A. Bienaymé (professeur) s’interroge sur la nouvelle économie ; J.Peyrelevade (ex PDG du Crédit Lyonnais) analyse la crise des subprimes ; Ch. Noyer (gouverneur de la Banque de France) réfléchit sur la stabilité financière internationale ; J.P.Cotis, M.Debonneuil et J.Delpha (commission Attali) montrent comment libérer la croissance ; A. de Romanet présente la Caisse des dépôts qu’il préside ; F. Bourguignon (économiste) met en lumière divers aspects de l’inégalité économique mondiale ; E.Woerth indique comment moderniser l’Etat ; L.Cohen-Tanuggi (avocat international) présente une stratégie européenne pour la mondialisation ; M.Hirsch analyse la réforme des politiques sociales. Par la profondeur des idées échangées sur de grandes questions contemporaines, ces annales constituent une source incomparable d’enrichissement personnel pour un manager éclairé.

Associations et collectivités territoriales

Jean-David Dreyfus, Groud Hervé, Pugeault Serge (dir.)
L’Harmattan, 2009, 180 pages.

La France compte près d’un million d’associations, dont les trois-quart exercent des activités économiques. Avec un budget consolidé de 47 milliards € (3,7% du PIB) en 2008, le mouvement associatif emploie environ un million de salariés équivalent temps plein (hors bénévoles). Les auteurs (professeurs de droit public) observent qu’un nombre croissant d’associations sont des partenaires des collectivités locales (Conseils régionaux et généraux, communes). Certaines formes de partenariat ne sont pas sans risques juridiques. Elles peuvent constituer des infractions aux réglementations de la fonction publique (mises à dispositions d’employés municipaux), des délégations de services publics, des marchés publics (adjudications, appels d’offres), des aides économiques (subventions, crédits, garanties…), de la concurrence et des prix, des impôts locaux… Les auteurs mettent en lumière ces risques, analysent les contentieux qu’ils engendrent, et proposent un ensemble de mesures visant à les éviter ou à en limiter les effets. L’associatif, un mouvement à la fois familier et méconnu.

Economie politique de la corruption et de la gouvernance

Jean Cartier-Bresson
Ed. L’Harmattan, 2009, 273 pages, 22,50€.

L’auteur (professeur d’économie à l’université de St Quentin-en-Yveline) analyse les diverses formes de corruption et de mauvaise gouvernance qui se sont développées dans le monde depuis deux décennies, marquées notamment, en 1992, par l’opération « mains propres » en Italie, par un programme de lutte anti-corruption lancé en 1996 par la Banque Mondiale, et par la convention signée en 1997 par les pays de l’OCDE, visant à réprimer la corruption des agents publics. L’ouvrage définit clairement les notions de corruption et de mauvaise gouvernance, retrace l’historique du phénomène, expose les multiples problèmes qu’il soulève, et présente les moyens mis en ouvre pour en limiter les effets. La corruption – sous ses formes passive et active (respectivement, la demande et l’offre de « pots-de-vin ») – permet au corrupteur de passer d’un marché encadré et aléatoire, à un marché libre mais certain (assorti cependant dans certains pays d’un risque de sanction). La réforme de la gouvernance des transactions commerciales se heurte toutefois au profond enracinement des pratiques de patronage, de clientélisme et de néo-corporatisme, ainsi qu’aux divergences politiques, économiques et culturelles entre pays riches et pauvres. Les concepts et les modèles mobilisés par l’auteur pour expliquer ces pratiques, puisent dans les courants les plus modernes des théories des jeux, de la régulation, de l’information, des coûts de transaction, de la négociation… Une lecture stimulante par la richesse des idées développées et par l’ampleur des actions à engager pour les faire triompher.

Intelligence économique et prise de décision dans les PME

Véronique Coggia
L’Harmattan, 2009, 123 pages.

Le livre de V.Coggia (X, HEC), sous-titrée « le défi de l’adaptation des procédés d’Intelligence Economique (IE) aux particularités culturelles des petites entreprises », mérite l’attention des entrepreneurs et des managers de PME. Si les pratiques d’IE et les processus décisionnels ont déjà fait l’objet de multiples études appliquées aux grands groupes, elles ont été plus rarement observées dans les PME, dont la gestion est soumise à un principe de proximité à la fois fonctionnelle, hiérarchique, spatiale et temporelle. Elles sont pourtant exposées à diverses lacunes en matière de collecte des besoins, de formalisation et de circulation des informations. L’étude met en lumière les insuffisances des dispositifs d’IE mis en place en France. La protection des données et la gestion des connaissances y sont notamment négligées. L’auteur fonde son diagnostic sur une enquête en profondeur auprès de plusieurs PMI des Ardennes, formule des propositions concrètes visant à développer l’action des Chambres de Commerce en matière d’IE, et à transformer les pôles de compétitivité en pôles de mobilité.

La nouvelle philanthropie

Virginie Seghers,
Ed. Autrement, 2009, 267 pages.

La philanthropie recouvre les actes désintéressés (non profit activity) engagés à titre individuel ou collectif au service de l’intérêt général. L’exercice de la philanthropie s’est développé à mesure du repli de l’Etat-Providence ; il diffère sensiblement d’un pays à l’autre, puisqu’il existe 72 000 fondations actives aux Etats-Unis et 12 000 en Suisse, contre environ 2000 en France. L’ouvrage – présenté sous forme d’entretiens – est organisé en trois parties, consacrées aux «nouveaux philanthro-capitalistes », aux intermédiaires, puis aux philosophes (disciples de Marcel Mauss) et aux experts de la philanthropie. Les entretiens mettent en lumière la diversité des objets (aide sociale, protection de l’environnement, projets culturels…), des leviers (cadre juridique, avantage fiscal, culture du don…), des acteurs (donateurs individuels, familles, entreprises, collecteurs de fonds, gestionnaires de patrimoines, associations, consultants…), des  statuts juridiques (fondations reconnues d’utilité publique, fondation abritée, dotation de fonds…) et des techniques principalement anglo-saxonnes (venture philanthropy, fund raising, micro-crédit, project management…). L’ouvrage révèle l’ampleur de ce nouveau champ du capitalisme social.

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