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Catégorie : Messages du Président
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Le plan de relance de l’Économie française post Covid 19 annonce une accélération des investissements industriels de 100 milliards dont 40 milliards sont prévus pour améliorer la compétitivité des entreprises. Allons-nous passer des fragilités de la « Start up nation » à un développement plus harmonieux avec un Mittlestand à la Française complétant l’approche « Jeunes Pousses » ? La cinquième puissance mondiale peut-elle rester un leader uniquement avec de jeunes et très jeunes entreprises de technologie. Cette approche est intéressante mais incomplète en ce qu’elle obère le développement des entreprises plus traditionnelles et ne permet pas de résister à la concurrence internationale qui fait rage.

1 - Vers un traitement ajusté des impôts de production

Ces impôts qui selon le Conseil d’analyse économique représentaient en 2018, 3,7 % de la valeur ajoutée des entreprises françaises contre 0,8 % de la valeur ajoutée des entreprises allemandes devraient être réduits de 10 milliards en 2021 et du même montant en 2022. Ces baisses de recette pour les régions seraient prises en charge par l’État central. Ce bol d’oxygène sera appuyé par l’ aide à l’emploi des jeunes de 4000 €. Parallèlement l’investissement concernant l’écologie pourrait-être de 20 milliards voire plus. La relocalisation d’entreprises sur le territoire français implique que les conditions fiscales soient proches de celles de notre voisin germanique. On voit à l’issue de 3 ans de promotion les limites du mouvement des jeunes pousses « start-up nation » et de Tech France qui propulse des jeunes entreprises sur la scène nationale et internationale mais avec des effets limités sur l’emploi et déconnectés des besoins des entreprises industrielles traditionnelles (80 000 emplois en Ile de France principalement, en 2018). Le redéploiement de l’industrie dans les territoires constitue une approche industrielle nouvelle qui devrait compléter la mise en place des pôles de compétitivité dont l’efficacité économique a été limitée entre autres par le niveau des impôts de production. Les orientations prises par le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance constituent un alignement des planètes du développement économique et industriel

2 – Les choix discutables de la Plateforme de Santé Française ou PSF / Health Data Hub.

L’objectif de la PSF est louable car il vise à décloisonner l’accès aux données, améliorer leur qualité et promouvoir les usages de données de santé. Un comité éthique et scientifique assure un accès strictement régulé aux données. Ces données seront en format portable et utilisables par tous les acteurs. Ce qui est surprenant c’est que la plateforme développée au-dessus de l’infrastructure en « Nuage » et portable ne s’appuie pas sur un hébergement français réalisé par des entreprises comme OVH ou Outscale et Scaleway, entreprises hexagonales qui maîtrisent les rouages de l’Infonuage, mais sur les serveurs de l’américain Microsoft. Cette entreprise soumise aux lois américaines sur l’extraterritorialité peut à la demande d’un juge américain transmettre des données de santé françaises confidentielles. Si effectivement les serveurs Microsoft disposent de quelques fonctionnalités complémentaires il est nécessaire de permettre à des sociétés françaises de se muscler en travaillant sur des projets de ce type. A titre d’anecdote les experts américains qui avaient exprimé leur point de vue sur le gisement de gaz de Lacq avait émis des doutes sur l’intérêt de sa mise en production car le gaz était soufré. Quelques mois plus tard les chimistes et ingénieurs de la compagnie française des pétroles avaient mis au point un procédé innovant de désulfuration du gaz, une première mondiale, et le gaz de Lacq était diffusé dans l’hexagone pendant plusieurs décennies. Il semble qu’une opportunité de ce type n’a pas été donnée aux informaticiens du Nuage nativement hexagonaux

3 - Le projet Gaïa- X : Un projet porteur d’origine allemande auquel la France participe

Ce projet vise à mettre en œuvre une infrastructure de données technique et organisationnelle, et de transparence dans les contrats. Les services proposés par les hébergeurs et les éditeurs suivront des standards agréés. Les technologies proposées par des fournisseurs de services référencés devront être interopérables pour garantir la possibilité aux clients de changer de partenaire s’ils ne sont pas satisfaits. Le marché du « Nuage » est tenu par trois oligopoles américains et trois entreprises chinoises et ces entreprises investissent tous les ans des milliards de dollars pour moderniser et développer leurs infrastructures. Les Européens peuvent-ils se frayer un chemin dans cet univers hyper concurrentiel ou les règles du jeu sont les coûts, l’innovation constante, et l’investissement. Ce n’est peut-être pas impossible mais les voies de la réussite nécessitent : rapidité, coordination et efficacité, agilience « agilité et résilience » et bien sûr investissements. Notre commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, dispose d’un magnifique projet qui illustrera ce qu’il est possible ou non de faire entre européens. Le projet est d’autant plus ambitieux qu’il vise à intervenir sur différents enjeux à terme : l’Internet des objets, l’IA, la Mégadonnée, les réseaux, le calcul à haute performance, l’informatique périphérique et l’identité numérique.

Conclusion :

La période difficile post-Covid que nous vivons est à l’origine d’un sursaut pour casser le déclin industriel de la France. C’est une opportunité pour relocaliser certaines industries dans un contexte fiscal amélioré et pour les redéployer dans les territoires.

Parallèlement l’investissement budgété pour rendre plus écologiques nos entreprises devraient leur permettre de répondre de manière plus adéquate aux contraintes de l’accord de Paris concernant le réchauffement climatique. Le programme « Choisir la France » qui permet aux entreprises étrangères d’investir avec des taxes de production significativement réduites sur des sites pré-selectionnés en bénéficiant d’un parcours administratif simplifié et rapide en 12 mois au lieu de 24 ou de 36 mois pour implanter des outils de production industrielle est une véritable révolution par rapport aux pratiques. L’horizon économique semble s’éclaircir sous l’effet d’impulsions volontaristes, coordonnées et s’appuyant sur une bonne analyse des réalités du terrain.